Interview de Jonathan Lhoir

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J’ai rencontré Jonathan lors du Festival de Namur en Octobre dernier. Ses images ont tout de suite attiré mon attention. Je suis véritablement tombé sous le charme de ses photos où la Nature  omniprésente est photographiée sous un œil nouveau, très graphique et original .

Jonathan a un style et une démarche photographique très personnelle, facilement reconnaissable ce qui le conduit naturellement à faire partie des grands photographes de sa génération.

Tout cela m’a amené à aborder Jonathan et à lui proposer cet article, Jonathan a répondu favorablement à ma demande malgré un emploi du temps chargé, je l’en remercie au travers de ces quelques lignes.

Cet entretien vous permettra de rentrer dans l’Univers bien particulier de Jonathan entre une démarche artistique et naturaliste et vous donnera certainement l’envie de le rencontrer prochainement au Festival de Montier en Der.

 

En quelques lignes pourrais-tu te présenter ?

Je suis originaire de Liège en Belgique et depuis maintenant quelques années je vis dans le sud de la France. J’ai toujours été attiré par la nature et cette attirance à d’ailleurs conditionné mon cursus scolaire puisque j’ai fait toutes mes études en sylviculture et environnement. Depuis la sortie de ces études, j’enchaîne des boulots divers et variés mais toujours en relation avec la nature tels qu’entomologiste, botaniste, cartographe, photographe…

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Depuis combien de temps pratiques-tu la photographie et comment est venue cette passion  pour la photographie et plus particulièrement celle concernant la Nature?

J’ai commencé la photographie en 2005. Jusqu’à cette époque, je n’avais jamais mis l’œil derrière un viseur. C’est en accompagnant régulièrement sur le terrain un ami, passionné de photographie animalière, qu’a germé l’envie de faire l’acquisition de mon premier reflex. Il faut dire que ce départ dans le monde de la photographie coïncide avec l’avènement du numérique, ce qui a largement contribué, facilité et motivé mon « insertion ». Etant naturaliste, je me suis naturellement tourné vers la photographie animalière et de nature.

Pour ma part, j’apprécie photographier la nature pour plusieurs raisons. Tout d’abord, c’est un moyen d’expression et un très bon support pour faire de la pédagogie et de la sensibilisation. Par le biais d’expositions, de publications, de stages photos, il est possible de faire passer des messages et de partager ses compétences. En fonction de la sensibilité et de l’intérêt de chacun, on peut apercevoir une prise de conscience plus ou moins grande et des changements comportementaux qui sont généralement en faveur de la nature.

Ensuite, pour photographier la nature, je ne vous apprends rien, il faut être dehors ! Ce qui correspond tout à fait à mon style de vie. C’est vital pour moi d’être à l’extérieur et d’y passer beaucoup de temps. Plus on passe de temps à l’extérieur plus on augmente ses chances d’observer ses sujets de prédilections, plus on découvre des choses que l’on ne connait pas, plus on apprend à décrypter et comprendre les éléments qui nous entourent. Je ne pense pas pouvoir fonctionner différemment,  j’ai besoin de ça. Et puis, il y a toujours quelque chose d’intéressant à observer même à quelques pas de chez soi. Nulles besoins de partir à l’autre bout de la planète pour trouver du plaisir et s’épanouir.

Tu photographies aussi bien les mammifères , les oiseaux , les paysages ou encore la petite faune et flore as-tu une préférence et si oui, laquelle ?

Non, je n’ai pas réellement de préférence car tous ces sujets peuvent être complémentaires et apportent à leur façon une vision différente et oblige le photographe à « exercer » son œil pour voir les choses intéressantes à photographier. Néanmoins, c’est vrai que ces dernières années j’ai changé de sujets . Lorsque j’ai commencé la photographie, j’étais principalement axé sur les oiseaux et les mammifères car ils étaient nombreux dans mon environnement proche et donc facile d’accès… J’appréciais énormément passer des heures immobiles à l’affut au renard ou à attendre que le bécasseau se rapproche. Depuis ma migration Nord-Sud, il m’est plus difficile de consacrer autant de temps d’un seul tenant à la photographie. Les oiseaux et mammifères sont également beaucoup moins accessibles car hyper farouches… A contrario, le sud de la France est un paradis pour les entomologistes et botanistes. J’ai donc commencé à photographier plus régulièrement les insectes et les plantes tout en y prenant goût. Enfin, tout dépend de l’endroit où l’on habite et c’est une évidence que la faune et la flore qui nous entoure conditionne notre « production » photographique.

Récemment, à force de trainer depuis quelques années avec le « master » du collembole (Philippe Lebeaux), j’ai fait l’acquisition d’un objectif MP-E 65mm de chez Canon qui permet d’avoir des rapports de grossissement allants jusqu’à 5/1… Autant dire que cet objectif ouvre la porte à un nouveau monde et que les possibilités photographiques qu’il permet sont infinies!

Tout cela pour dire que le style photographique évolue au gré des rencontres, des envies et des opportunités!

Pour couvrir cette diversité de sujets , quel boitier et quelles optiques utilises-tu ?

Je suis équipé en matériel Canon. Toujours fidèle à cette marque depuis mes débuts en 2005, j’ai toujours été très satisfait des résultats que je réussissais à obtenir. J’utilise un seul boitier plein format et plusieurs optiques telles qu’un grand angle, un macro et un téléobjectif. Même si le matériel est important, je suis plutôt partisan de l’adage « on ne photographie bien que ce que l’on connait bien ». C’est pour ça que je privilégie les compétences naturalistes et l’expérience plutôt que le matériel dernier cri. Certes, il ne faut pas se voiler la face et admettre que les évolutions techniques permettent de plus en plus de chose dans le domaine de la photographie mais ces dernières ne peuvent pas encore vous aider à combler le manque de connaissances et d’expériences vis-à-vis de votre sujet photographique… Et c’est très bien comme ça ! L’essentiel réside également dans le fait de bien connaitre son matériel et d’avoir du matériel adapté à ses propres besoins. Les choix sont innombrables et chaque photographe privilégiera des optiques et les boitiers liés à ses réels besoins photographiques. Personnellement, je prends beaucoup de temps avant d’investir dans une nouvelle optique ou un nouveau boitier.

J’ai remarqué sur ton site et également à ton exposition à Namur que les photos en contrejour occupent une grande place dans ta photothèque. Comment peux-tu expliquer ce choix et que veux tu nous faire passer comme message aux travers de ces images particulières ?

Et bien bizarrement c’est en cherchant une thématique transversale pour cette nouvelle exposition que je me suis vraiment rendu compte qu’effectivement, j’ai une assez grande quantité de photo en contre-jour. Sans chercher volontairement à ne photographier que de cette façon, c’est néanmoins une technique photographique que j’apprécie. Elle permet de mettre en avant le sujet, l’isolé, jouer avec les ombres et les lumières, les contrastes. Cela permet aussi de faire « disparaître » les éléments disgracieux. J’apprécie également les ambiances que dégagent ces photos. Elles sont souvent énigmatiques et obscures.

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Comment choisis -tu tes lieux  et tes  sujets à photographier ?

Je fréquente principalement les environs proches de mon domicile. Cet environnement constitue l’essentiel de mes « spots » photo. Tout d’abords par facilité car je peux m’y rendre fréquemment mais aussi parce qu’à force de les fréquenter, c’est ceux que je connais le mieux. En complément, il m’arrive aussi régulièrement d’aller un peu plus loin dans des régions ou pays pour lesquels j’ai des affinités en termes de climat, de végétations ou d’espèces. Ce sont principalement les pays nordiques et de l’Est européen.

Etant photographe plutôt opportuniste et appréciant photographier de tout, je ne me fixe pas particulièrement d’objectif précis lors de ces sorties sur le terrain ou voyages à l’étranger. Je sais quelles espèces et quels habitats je suis susceptible de rencontrer sur place mais je combine avec les aléas du terrain qui nous réserve souvent des surprises!

 

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Si tu avais  une image à choisir  de ta  photothèque, qu’elle serait-elle ?  – Peux-tu nous raconter son histoire ?

Ce n’est pas un exercice facile! Je pense à une photo de forêt (ce qui me convient étant donné mes affinités avec ce milieu). C’est une photo réalisée début de cette année en Pologne. J’étais en voiture avec un ami photographe et nous descendions vers le sud du pays depuis Varsovie. La route étant longue et profitant d’être passager, je me suis mis à prendre des photos depuis la voiture. Nous longions régulièrement des forêts de pins et d’épicéas. Désirant rendre l’effet de vitesse j’ai commencé à prendre des photos en pause lente. Le temps de trouver les bons réglages pour obtenir l’effet souhaité et il ne restait plus qu’à attendre le paysage propice. Plus loin sur le trajet il y avait des alignements de pins laissés debout le long de récentes coupes à blanc. La neige recouvrant le sol et le ciel étant gris, cette bande de pins ressortait assez fort dans le paysage. J’ai juste eu le temps de faire 2/3 clichés, dont celui-ci. Pour l’anecdote, cette image vient de recevoir une mention « commended » au concours « Wildlife Photographer Of The Year » du BBC.

 

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Peux-tu nous dire qu’elle  image aimerais-tu faire ?

Je ne pense pas qu’il y ait une photo que j’aimerai faire. Pour moi, se focaliser sur l’envie de réaliser une photo particulière peut être un frein à la spontanéité et à l’envie du moment. Partant en vadrouille sans idées particulières, je sais néanmoins quel sujet j’ai envie de photographier. L’idée de photographier une thématique pouvant être représentée par une espèce ou un habitat me convient mieux. D’autant que l’on est vite confronté aux réalités du terrain et qu’il faut parvenir à s’en accommoder.

En quoi ta formation  ainsi que ton » ancien »  métier dans la conversation de la nature t’ont ils aidé dans ta démarche photographique ?

L’avantage quand on est naturaliste avant d’être photographe (de nature), c’est que l’on a déjà une connaissances de base qui va nous permettre de trouver et d’approcher les sujets que l’on veut photographier. C’est une première étape importante qui permet de gagner du temps et de ne pas se démotiver à chercher obstinément des sujets. Mon cursus scolaire et mes expériences professionnelles en entomologie ainsi qu’au sein du projet Natura2000 m’ont également permis d’être fréquemment sur le terrain. C’est un autre avantage non négligeable. Cependant, je continue à apprendre et à m’intéresser à une foultitude d’espèce animales ou végétales que je ne connaissais pas avant et vers lesquelles je me suis penché par le biais de la photographie (cf les collemboles par exemple).

 

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Quels sont les photographes qui  t’inspirent, dont tu suis  assidûment le travail  et avec qui  tu aimerais  collaborer ?

Avant d’être inspiré par les photographes, je pense que ma principale source d’inspiration est sans aucun doute la nature. C’est incroyable la foultitude de forme, de couleur, de texture, de lumière, d’ambiance que l’on peut y trouver. Tout cela est une source d’inspiration inépuisable et il est impossible de s’en lasser.

Ensuite, il est incontestable que les autres photographes motivent, inspirent, stimulent notre vision des choses. Pour ma part, je regarde beaucoup ce que font les autres comme, pour ne citer qu’eux, Sandra Bartocha, Misja Smith, Theo Bosboom, Werner Bollmann, Radomir Jakubowski, Mikko Lagerstedt, Orsoya Haarberg et bien d’autres. Sans oublier évidemment l’ensemble des amis francophones…

Et puis il y a la lecture et la musique qui conditionnent notre état d’esprit et influence notre vision des choses ! De ce coté, et pour l’instant, j’apprécie écouter  « And also the trees, Zoë Keating, Thomas Fersen, The Do, Seether et Beirut ». Niveau lecture, « Le Dernier Lapon » d’Olivier Truc, « En mémoire de la forêt » de Charles T. Powers et « La prophétie des Andes » de James Redfield.

 

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Tu fais partie du collectif « Eresus -Nature« , peux-tu nous le présenter ?

Eresus-nature est un collectif de photographes passionnés par la Nature. Il est né de l’idée de mutualiser les compétences et les connaissances, entre ses membres. Le collectif se base sur des valeurs éthiques vis à vis de la Nature. Ainsi les membres s’engagent à promouvoir une pratique de la photographie respectueuse de l’environnement et des espèces photographiées.

Les six membres de ce collectif sont avant tout des passionnés de nature. Ils sont des observateurs attentifs de la nature et ont tous une solide expérience en tant que photographe.

Bien que très polyvalents, chaque membre a ses sujets privilégiés :

Philippe est spécialisé dans la macrophotographie et maintenant dans la microphotographie. Il nous dévoile des petites bêtes souvent inconnues ne mesurant pas plus d’un millimètre qu’il photographie jusqu’au rapport x5.

Olivier est un amoureux de la Loire qui coule à côté de chez lui. Il a fait des oiseaux migrateurs qui viennent s’y reproduire une de ses spécialités.

Nicolas passe régulièrement du paysage à l’animalier. Il vit dans le Yukon au nord du Canada et à la frontière de l’Alaska. Ce lieu lui offre des sujets variés et des grands espaces à saisir.

David pratique beaucoup la macro de flore, mais également les photos d’oiseaux, notamment sur les étangs de Touraine ou de Brenne.

Christophe consacre beaucoup de temps aux cervidés et aux oiseaux. Son travail sur le brâme du cerf a été maintes fois primé. Il voyage régulièrement en Europe à la découverte de contrées sauvages.

Jonathan cultive un style très personnel et décalé qui rend ses images  reconnaissables entre toutes. Son approche mêle esthétisme et naturalisme.

Ces photographes mettent régulièrement leurs images à disposition des associations de protection de l’environnement pour leur communication. Dans leur pratique photographique, leur éthique se traduit par le fait de s’assurer du minimum d’impact sur les espèces et milieux  photographiés. Ils adoptent une attitude respectueuse, ce qui devrait être le crédo de tout photographe naturaliste. A travers leurs publications ou leurs expositions, ils essayent de faire passer un message de sensibilisation à la préservation de la Nature.

 

En plus de photographier , tu partages tes connaissances photographiques et du milieu en proposant des stages avec ton ami Philippe Lebeaux. Peux tu nous dire deux mots sur cette activité ?

Les stages combinent deux aspects distincts et complémentaires : L’approche photographique et l’approche naturaliste! La partie « photo » est celle pendant laquelle nous abordons les techniques photo de bases ou plus spécialisées, le matériel, etc. La partie « naturaliste » nous importe beaucoup puisqu’elle consiste à sensibiliser et faire prendre connaissance aux stagiaires des espèces animales et végétales qui les entourent. Cette partie conditionne grandement le succès dans la recherche des sujets et donc des sorties photo.

Les stages sont accessibles aux personnes débutantes désirant s’initier à la prise de vue nature (faune, flore et paysage…) mais également aux naturalistes passionnés et photographes confirmés souhaitant se perfectionner en microphotographie, macrophotographie et photographie de paysages.

Les stages sont rythmés par des cours théoriques et des mises en pratique sur le terrain. Nous aborderons une démarche éthique de la photographie en milieu naturel. Du matériel et divers accessoires sont montrés pour la prise de vue en lumière naturelle et artificielle. De même que toutes les astuces et conseils d’un professionnel de l’image, vous permettant de réaliser des photographies nature au rendu artistique.

Observation, photographie et identification seront les maitres mots de ces journées de pratique photographique. Pendant la journée, un cours de post-traitement d’images vous sera également montré sur un logiciel approprié, vous permettant ainsi de vous initier aux différentes fonctions de post-traitement.

Les stages sont réalisés à la journée en semaine et les week-ends suivant vos disponibilités. Nous répondons également à toutes les demandes et sommes en mesure de proposer des stages « à la carte » en fonctions des envies et besoins des stagiaires.

Pour un meilleur accompagnement, le nombre de participants est limité à 4 personnes.

Des thématiques vous seront proposées toute l’année au rythme des saisons, vous pouvez consulter les thématiques et les dates sur http://www.jonathanlhoir.com/services

Pour s’inscrire, il suffit de me contacter :
Jonathan LHOIR: 06 87 29 60 23 mail : jonathanlhoir@hotmail.com

Quels sont tes futurs projets (livre, exposition ,voyages, reportages, …)

Pour cette fin d’année et 2014, je dois dire qu’il y a beaucoup de choses de prévues! Tout d’abord, il y a le festival de Montier-en-Der en cette fin de mois à l’occasion duquel je présenterai ma nouvelle exposition. Exposition qui tournera fréquemment l’année prochaine en France et en Belgique.

Mon premier livre sur le Jardin des Plantes de Montpellier vient de sortir et un projet pour un deuxième ouvrage est prévu avec le même éditeur.

Des projets de collaborations pour des stages et voyages photos sont également en cours de négociation.

Récemment on m’a proposé d’être conférencier dans des festivals photo nature, ce qui est une nouvelle opportunité pour moi de parler de mon travail.

Des voyages, j’espère!

Et enfin, j’espère que les stages photos de l’on développe avec Philippe auront du succès et que l’on sera bien occupé avec ces derniers. D’ailleurs le calendrier 2014 de nos stages ne devrait pas tarder à être en ligne!

 

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Le mot de la fin, ou quelque chose à ajouter ?

J’ai bien envie d’aller faire de la photo et d’aller prendre l’air après avoir rédigé ces quelques pages!

Plus sérieusement, merci de m’avoir proposé de m’exprimer sur votre plateforme. Rendez vous à Montier-en-Der d’ici quelques jours!

 

Infos pratiques

– Site web personnel : www.jonathanlhoir.com

– Pages Facebook :

Artiste :http://www.facebook.com/pages/Jonathan-Lhoir-Wildlife-photographer/102624343140738

Perso : https://www.facebook.com/jonathan.lhoir

– Site web collectif de photographes nature « Eresus Nature » : www.eresus-nature.com

– Site web “stages photo/ workshop”:  http://www.jonathanlhoir.com/services

http://www.facebook.com/pages/Stagesphotonature/550560318311157

– Galeries photo :

http://whytake.net/profile.php?id=742

http://500px.com/Jonathanlhoir

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Eric Mary
Auteur photographe, Eric Mary pratique la photographie depuis son plus jeune âge. Autodidacte, il s’est spécialisé dans la technique de la macrophotographie pour découvrir l’Univers du Petit qui le fascine par sa beauté, ses richesses infinies de formes, de couleurs et pour sa poésie. En dehors de sa participation à RevuePhoto, il participe au collectif de photographes bourguignons de nature et animaliers « Bourgogne Photo Nature » et s’occupe de l’association « Terre d’Images » qu’il a fondé avec son épouse.

2 réflexions sur “Interview de Jonathan Lhoir

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