Interview de Frédéric Tillier

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Frédéric Tillier est avant tout un passioné et un amoureux de la Nature, la photo animalière est pour lui " un prétexte pour s'évader en pleine nature" .

Il ne cherche pas à chaque sortie à faire le cliché du siècle qui le rendra célèbre mais il essaie d'immortaliser son sujet en le mettant en valeur

avec  la meilleure lumière , le plus beau cadrage , en le présentant dans son milieu naturel tout en respectant toujours  celui-ci.

Frédéric est très actif au niveau associatif dans sa région  Bourgogne, il appartient entre autre au collectif Bourgogne Photo Nature et est adhérent à l'association ornithologique de Saône et Loire (AOMSL).

Les oiseaux sont ses sujets d'observation et photographiques  favoris . Patient, observateur , discret , il a une connaissance parfaite du terrain et de ses sujets à plumes dont il  fait des clichés remarquables.

Assuremment un photographe de grande qualité, qui mérite d'être connu,reconnu et  que je vous laisse découvir maintenant.

 

Frédéric , en quelques lignes pourrais-tu te présenter ?

Je suis né à Chalon-sur-Saône il y a presque 40 ans maintenant, et réside toujours en Saône et Loire.

 

Depuis combien de temps pratiques-tu la photographie et comment est venue cette passion  pour la photographie et plus particulièrement celle de la photographie Nature?

J’ai commencé la photo vers l’âge de 20 ans, avec simplement au départ l’envie de ramener des souvenirs de mes balades dans la nature. Ce n’est qu’une dizaine d’années plus tard, à la lecture de livres comme le fameux « Terre de renard » de Fabrice Cahez, et la rencontre avec Daniel Magnin, auteur des articles clic-clac dans la revue « Chasseur d’images » à l’époque, que je me suis lancé réellement dans la photo animalière.

 

Matériel et technique

– Quel  matériel utilises-tu ?

Des boitiers Nikon : un D300s et un D200 en secours. En objectif, cela va du zoom grand angle 12-24mm au téléobjectif 500mm de chez Sigma : dans ce domaine on atteint vite des sommes déraisonnables… donc je me satisfais du matériel de la gamme  « expert » comme on dit !

 

– Quels sont tes sujets favoris?

Les oiseaux évidemment ! Mais je ne me limite pas à la gente ailée : paysage, macro, mammifère … c’est toute la richesse et la diversité d’un biotope qui m’intéresse.

 

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– Comment choisis-tu tes lieux  ou tes  sujets à photographier ?

Mon terrain de jeu favori est la plaine de la Saône, depuis la basse vallée du Doubs  au nord-est  du département, jusqu’à Mâcon au sud, en débordant sur la Bresse à l’est, et la côte chalonnaise/mâconnaise à l’Ouest. Ensuite, tout dépend de la saison, des conditions météo, du temps dont je dispose… Enfin, j’accorde autant d’importance à l’intérêt naturaliste de l’image que son aspect purement esthétique.

 

– Fais-tu beaucoup de repérages?  Peux-tu nous dévoiler quelques-uns de tes secrets pour approcher  tes sujets à plumes ?

Oui, en fait je passe l’essentiel de mon temps sur le terrain avec une simple paire de jumelles. Ma production d’images est assez faible finalement. Après je ne pense pas avoir de secret pour approcher les oiseaux : l’affût flottant est à ma connaissance la seule solution pour cela. Sinon, on les laisse venir à nous, et il faut juste utiliser les bons affûts et quelques astuces pour augmenter les chances de les attirer dans le viseur. Certains tolèrent bien notre présence, mais c’est plutôt rare sous nos latitudes !

 

 – Si tu as  une image à choisir  de ta  photothèque, quelle serait-elle ?

Difficile. C’est souvent la dernière qu’on préfère, donc je te propose cette pie-grièche grise en vol qui date de fin novembre.

 

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– Pourquoi celle-ci plus qu’une autre ?

Elle symbolise bien le côté imprévisible et opportuniste de notre passion. L’hiver dernier, j’avais repéré une pie-grièche grise pas loin de chez moi. J’avais en tête de la photographier en vol. Un vrai défi à mon niveau ! J’ai tenté quelques affûts, sans succès… et cet hiver, j’ai réalisé cette photo un peu par hasard, depuis ma voiture, alors que je ne suis guère un adepte de ce genre d’affût !

 

Peux-tu nous raconter son histoire ?

Je me suis rendu dans un endroit où j’étais à peu près certain de la trouver, elle est assez fidèle à son site d’hivernage. Confortablement installé dans la voiture donc, j’ai commencé par des clichés classiques de l’oiseau posé, à bonne distance. J’ai remarqué qu’elle exécutait régulièrement le vol surplace à un endroit précis, au bord d’un chemin. Je me suis garé en fonction. Au bout de quelques minutes, peu farouche, elle est venue, face à moi. Le vol a duré longtemps. Heureusement d’ailleurs car j’avais encore le multiplicateur, et travaillais donc en mise au point manuelle ! C’était assez magique, un petit cadeau de la nature réconfortant à une période où j’en avais bien besoin.

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– As-tu un regret ? Une photo que tu n'as pas pu  réaliser ?

Non. Oh évidemment j’ai raté quelques bonnes occasions mais de là à avoir des regrets, non. Il faut quand même relativiser l’importance d’une simple image !

 

– Peux-tu nous dire quelle  image aimerais-tu faire ?

Les envies viennent souvent après une séance d’observation au cours de laquelle j’ai assisté à une belle ambiance, un comportement particulier. Par exemple un balbuzard pêcheur capturant un poisson dans la rivière du Doubs…

 

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– Quels sont les photographes qui  t'inspirent, dont tu suis  assidument le travail ?

Il y a désormais une telle quantité de photographes de talent qu’il est difficile de suivre le travail de chacun. J’ai déjà parlé de deux d’entre eux, qui m’ont incité à me lancer et à continuer. Je pourrais aussi évoquer les noms de Christophe Salin ou encore d’Olivier Simon.

 

Activités

– En plus de ta passion pour la photographie, tu as celle de l’ornithologie, peux-tu nous en dire plus sur celle-ci ?

Oui. Il y a plusieurs façons de pratiquer l’ornithologie. Certains parcourent la planète pour « cocher » un maximum d’oiseaux rares, tandis que d’autres se consacrent à l’étude et la protection de quelques espèces. Sans eux, des oiseaux comme le busard cendré auraient disparu de bien des régions françaises. On prend une petite leçon d’humilité en côtoyant ainsi de vrais naturalistes de terrain. A mon niveau, je tente désormais de contribuer à enrichir nos connaissances sur les oiseaux, qui, rappelons-le, est un vrai indicateur de l’état de santé de notre environnement. Je participe ainsi aux différentes enquêtes et inventaires, et tous les ans, au suivi temporel des oiseaux communs « STOC », un bel exemple d’enquête naturaliste participative, à laquelle contribuent professionnels et amateurs.

 

– Tu as collaboré récemment à la publication d'un livre sur une" bible"  ornithologique de Saône et Loire. Quelle fût ta participation ? A qui s'adresse ce livre en particulier, en quelques mots peux-tu nous le présenter ?

Ce livre fait la synthèse de toutes les observations ornithologiques réalisées à ce jour en Saône et Loire (près de 500 000 !) et consignées dans la base de donnée de l’AOMSL*.  C’est donc le fruit d’un travail associatif et collaboratif. J’ai modestement contribué à la rédaction et à la relecture de quelques monographies. J’ai écrit un petit paragraphe sur la photo animalière, et bien sûr fourni quelques images. Il s’adresse vraiment à tous ceux qui s’intéressent aux oiseaux de notre département, spécialistes ou simples curieux.
*Association Ornithologique et Mammalogique de Saône-et-Loire

 

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Si il nous intéresse comment peut-on se le procurer ?

Il faut le commander en ligne sur le site de Bourgogne Nature. Il n’est hélas pas disponible en librairie, en dehors de celle-ci :

 

– Envisages-tu un jour de devenir photographe professionnel et pour quelles raisons ?

Pour le moment ce n’est vraiment pas à l’ordre du jour.

 

– Quels sont tes futurs projets (livre, exposition, voyages, reportages, …)

J’expose prochainement à Longecourt pour le festival « images plaine nature » organisé par l’association de Michel Bailly. Actuellement, je fais un peu de dessin avec des crayons aquarellables. Une autre façon d’interpréter mes observations de la vie sauvage, avec un minimum de matériel. Finalement, peu importe la technique, tant que je suis au contact de la nature, je suis comblé !

 

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– Le mot de la fin, ou quelque chose à ajouter ?

Merci à toi Eric pour cette interview !

 

Infos pratiques :

Site(s) web : www.frederictillier.fr

Adresse mail : photo@frederictillier.fr

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Eric Mary
Auteur photographe, Eric Mary pratique la photographie depuis son plus jeune âge. Autodidacte, il s’est spécialisé dans la technique de la macrophotographie pour découvrir l’Univers du Petit qui le fascine par sa beauté, ses richesses infinies de formes, de couleurs et pour sa poésie. En dehors de sa participation à RevuePhoto, il participe au collectif de photographes bourguignons de nature et animaliers « Bourgogne Photo Nature » et s’occupe de l’association « Terre d’Images » qu’il a fondé avec son épouse.

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