Visages d’un temps – Visages du temps

Le musée d’art et d’archéologie d’Aurillac poursuit son exploration du fonds photographique Parry. Acquis en 1989, par la ville d’Aurillac, le fonds d’atelier Parry regroupe la production de trois générations de photographes d’une même famille exerçant dans la même ville pendant plus de 85 ans. (Léger Parry 1856-1921, son fils Emile 1888-1940, et son petit fils Pierre 1920- 1997). Après " Regards sur Aurillac, les métiers au quotidien " en 2007, Jours de noces en 2009, Souvenirs des fêtes républicaines en 2010, le musée vous invite à découvrir cette année une sélection de photographies sur le thème du portrait, portraits de nos aïeux posant dans l’atelier de Léger Parry, aux visages marqués par le temps, riches d’expressions pleines d’émotions malgré déjà quelques retouches et qui nous incitent à la réflexion à l’heure où la cosmétique et la chirurgie esthétique figent les visages et gomment le passage du temps. Présentation de 43 tirages photographiques, d’après plaques de verre.

Le fonds Parry

Installé dès 1880 à Aurillac sur l’avenue de la Gare, actuelle avenue de la République, Léger Parry "photographe, peintre" aménage définitivement son atelier au dernier étage de l’immeuble familial, n° 39 de la même rue, sur la terrasse surmontée d’une verrière afin de bénéficier au maximum de la lumière du jour.

S’il ne reste presque plus aucune trace de tirages papier, ainsi que peu de matériel, les réserves de l’atelier de la famille Parry, nous ont livré plusieurs dizaines de milliers d’images négatives.

Le portrait, un témoignage unique

Le portrait représente un enjeu fondamental de la photographie et explore dès son apparition différents types de mise en œuvre : du portrait officiel commandé par les puissants de ce monde aux nus, académiques ou intimes ; du portrait artistique, tel qu’a pu le mettre en scène Nadar, au portrait social ou documentaire ; du portrait scientifique, comme l’a codifié Bertillon pour la police judiciaire, au portrait familial.

Toutes les villes ont ainsi leurs studios photographiques où, toutes classes sociales confondues, on va se faire « tirer le portrait ». Même les endroits les plus isolés sont touchés puisque, dès les années 1860, des portraitistes ambulants se mettent à parcourir les campagnes reculées.

Le portrait, codifié et convenu, que l’on rencontre dans ces studios photographiques, reste principalement un témoignage des moments forts du temps social familial. Il peut être de groupe, couple avec ou sans enfant, familial lors de cérémonies traditionnelles comme les communions ou les mariages. Mais il peut également être individuel, à des âges marquants de la vie

Visages d’un temps – visages du temps

Plus que dans tout autre portrait, les clichés des aïeux, réalisés entre 1880 et 1910 par Léger Parry, sont empreints de gravité et on ne voit rien de ridicule, rien de dérisoire dans ces visages sillonnés, parfois ingrats. Ici, le photographe n’a pas établi de mise en scène, de poses composées, mais une forme de neutralité et d’authenticité du portrait photographique qui révèle la volonté de laisser une trace indélébile, une image, la dernière de son vivant…

Ainsi, dans cette série de portraits, qualifiés d’identitaires, le sujet pose frontalement, le plus souvent devant un fond uni, assis, coupé à la hauteur des genoux.

Qu’il soit notable ou paysan, l’individu se tient dans un même lieu, isolé dans un espace où tout artifice de mise en scène a disparu et seuls quelques signes discrets laissent parfois transparaître sa condition sociale.

La pose en atelier

Dans un espace éclairé par des verrières équipées d’un système de voilages pour diffuser la lumière du jour, l’atelier du photographe ne varie guère : toile peinte servant de décor, encadrée de rideaux, tapis, assortiments de meubles, poêle et miroirs. Le salon de pose du photographe n’est pas sans rappeler celui du peintre et même les postures, gestes, décors et accessoires lui sont empruntés.

Le client ou le groupe pose devant le décor en trompe-l’œil, autour d’un mobilier de convention. Deux rideaux sombres forment un cadre de part et d’autre du décor qui, suspendu verticalement retombe au sol et délimite un espace de représentation, véritable scène de théâtre.

La retouche

La retouche photographique est utilisée dès le début de la photographie. Si elle provoque alors de nombreuses discussions, attaques et hésitations, elle prend cependant rapidement place dans les ateliers et devient un élément indispensable dans la réalisation de portraits.

La technique de la retouche est évoquée par une vitrine avec une plaque de verre et par un appareil de retouche (fonds Parry).

Infromations

Visages d’un temps – Visages du temps
Photographies du fonds Parry
Du 16 février au 4 juin 2011

Musée d’Art et d’Archéologie
Centre Culturel Pierre Mendès-France
37, rue des Carmes
15000 Aurillac
Tél : 04 71 45 46 10
Ouverture du mardi au samedi de 10h à 12h et 14h à 18h
Fermé les jours fériés
Accueil des groupes toute l’année sur réservation
Plein tarif : 2,50 € – tarif réduit 1,50 € – billet groupé : 4,50 €

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Sebastien Delehaye
Photographe Tireur Rédacteur Studio Lille
Sebastien Delehaye est l'un des deux créateurs de RevuePhoto, pris de passion par la photographie il en a fait son métier. Dirigeant de la société Studio-Lille, il est spécialisé dans l'impression de tirage d'art et les agrandissement d'exposition, de décoration.