Une visite de Fotofever- Bruxelles

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Fotofever

Fotofever est un nouveau rendez-vous de l’agenda photo. Après une édition parisienne réussie, Fotofever présente une édition Bruxelloise qui, ce dimanche matin,  voyait affluer professionnels, collectionneurs et particuliers  .

Cette foire de la photo présente une sélection d’oeuvres contemporaines issues de 60 galeries européennes .
Fotofever a pris place dans les magnifiques bâtiments de Tour et Taxis récemment encore menacés de destruction .
Les sheds qui autrefois dispensaient de la lumière dans les ateliers font tomber en pluie la lumière naturelle dans l’espace d’exposition . Curieux téléscopages d’époques et d’univers et espace d’exposition idéal, du reste, pour des photographies .

La visite

Autant le dire d’emblée, la photo nature m’attire davantage que nulle autre et je me suis fait quelque peu violence pour aller visiter cette exposition géante, à mille lieues de mes chères bêtes des pâtures et des forêts. 

A Fotofever, les oeuvres des galeries s’enchaînent dans un labyrinthe agréable de murs provisoires où les images se découvrent peu à peu. Jeunes artistes et galeries plus confirmées s’y retrouvent.
La photo contemporaine a ceci de ludique que les règles en sont moins académiques que celles qui prévalent dans notre domaine de la photo nature : les montages imaginatifs sont agréés, les post-traitements un peu poussés servent souvent la créativité .
Ici comme ailleurs, les grands formats ont beaucoup de succès, encadrés ou sur Dibond ou alu .

Petite grogne de bonne guerre

Cependant, s’il sert les belles images, le grand format ne sauve pas à mes yeux les images complaisantes comme ce pinson gisant sur le dos dans une mauvaise lumière et avec une qualité d’image de piètre facture, ces séries de visages cadres très serrés maintes fois vues ou encore ces mise en scènes qui se veulent provocantes et qui sonnent comme des procédés . Pourquoi des images si froides ?
Qu'il soit question d'art contemporain, soi, mais cela ne rend pas plus compréhensible un manque d’audace ou de talent lorsqu’une telle palette de possibilités est offerte par un genre photographique .
De même, l’anthropologue grogne franchement contre ces photos figurant des peuplades africaines qui se voient assigner un rôle passif d’oeuvre d’art , Nulle explication sur ces personnes, sur leur lieu de résidence, moins encore sur le contexte de la photo ou sur les ornements qu’ils arborent .

Les découvertes

En arpentant les allée et en prêtant attention à des tirages moins spectaculaires et de taille plus modeste, on découvre de fort belles choses comme ces images de Stojan Kerbler qui figurent des scènes rurales. Quelques recherches m’apprennent qu’il s’agit d’un auteur slovène reconnu qui s’est attaché à illustrer des sènes de vie .

 

Le prix Fotoprize a été créé pour récompenser de jeunes artistes des écoles de photo. C’est Anna Orlowska, diplômée de la Łódź Film School, qui a remporté le prix et une mise en valeur et une exposition de son travail lors de la Fotofever de Bruxelles .
Ses images sont visibles à l’entrée mêlant paysages et personnages . Une des découvertes de la foire.

Sans les nommer tous, citons une autre artiste présente : Ellen Kooi qui semble avoir saisi toutes les opportunités et licences qu’offre la photo contemporaine pour créer des images ludiques, colorées, surprenantes .

De même que l’on découvre des artistes, on découvre également des galeries comme la dynamique Box Gallerie et bien d’autres qui réalisent un important travail de sélection et de promotion des oeuvres .

Fotofever acceuille aussi des videos, des conférences d’artistes sur leur travail ou sur certaines techniques plus précises, etc… le programme est disponible sur http://www.fotofeverartfair.com/bruxelles où vous découvrirez également une selection d’oeuvre via la plateforme Paddle 8 .

 

 

En bref l’événement veut s'instituer en un rendez-vous récurrent . Nul doute qu’une visite titillera votre curiosité et chacun y trouvera des photographies à son goût . Nos goûts justement y sont mis à l’épreuve, questionnés, fâchés ou heureusement surpris .

Emilie Vanderhulst
Emilie est anthropologue. Photographe nature amateur, elle est par ailleurs guide naturaliste et ornitho pour Natagora.

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