Interview de Agnès Escriva

 

Bonjour Agnès, comment t’es venue cette passion pour la photographie ?

Née en Afrique du Nord, c’est à l’âge de 19 ans avec une mère aventurière et un premier boîtier reflex prêté, que je suis allée au Kenya pour la première fois. Le choc fut immense, sa trace indélébile.

En 2000, je suis retournée au Kenya à l’occasion d’un safari offert par ma mère pour les 10 ans de mon fils aîné. Ce fut le tour de mon benjamin 4 ans plus tard de découvrir en famille Masaï Mara ; puis ce fut la Tanzanie du nord et enfin la Tanzanie du sud.

En novembre 2005 je découvre l’Afrique australe en Zambie où je rencontre un ami photographe animalier : c’est le vrai « déclic » photographique. Depuis le virus de l’Afrique et de la photo animalière ne m’a plus quittée.

Par la photographie, j’ai envie de témoigner de la beauté et de la fragilité du monde sauvage, et de partager les émotions intenses qu’il m’inspire.

Quel matériel utilises-tu ?

Je suis chez les rouges… 3 boîtiers Canon avec optiques : 24-105, 70-200 et 300 mm avec convertisseur.

 

 

Ton sujet ou tes sujets fétiches ?

Les animaux sauvages et les paysages en Afrique et exceptionnellement ailleurs…

Pour ces sujets, as-tu besoin de connaissances diverses supplémentaires (biologie, stylisme…), et si nécessaire, fais-tu appel à d’autres corps de métier ?

Des connaissances naturalistes sont un vrai plus qui me permettent d’être prête à shooter quand certains comportements se déroulent devant mes yeux.

 

 

Si tu devais n’en choisir qu’une dans ta photothèque, quelle photographie nous présenterais-tu ? Peux-tu nous en raconter l’histoire ?

Une rencontre exceptionnelle à Sabi Sand, Afrique du Sud !
Fin d'après-midi, c'est le premier drive du séjour. Des buffles approchent de Gowrie Dam, on y file pour être bien placés et les voir arriver.
Deux jeunes lions de la Styx pride sont allongés au pied d'un buisson.
Les buffles arrivent et les font fuire un peu plus loin.
Soudain Karula (une femelle léopard) apparaît, elle a un vanneau armé dans la gueule ; elle l'abandonne et descend boire au dam.

Les deux jeunes lions la voient… de l'autre côté du dam, les buffles font trempette.
Elle se repose un peu (elle attend des petits) et remonte sur le mur du dam. Le vanneau est toujours là et s'est remis sur ses pattes. Je pensais qu'il était mort… En fait elle le tenait délicatement dans sa gueule. Elle le laisse alors filer, plus préoccupée par la présence des 2 lions qui l'ont repérée. Elle s'éloigne alors, les lions la suivent de loin. Quand les lions se rapprochent, elle monte dans un arbre. La nuit tombe… Ils passeront leur chemin.

 

Quels sont les photographes qui t’inspirent, ou desquels suis-tu assidûment le travail ?

Beaucoup m’inspirent et me font progresser, évoluer… A l’étranger, David Lloyd, Andy Rouse, Marina Cano, Brendon Cremer, Chad Cocking, Michael Poliza, Isak Pretorius. En France je suis le travail de Cédric Jacquet, David Greyo, David Marlien, Elisabeth Gaillard, Bastien Riu, Cécile Minot et Christian Hoffner. Sans oublier le travail de Marie-Claude Orosquette, Fabrice Simon, Christophe Courteau, Grégoire Bouguereau et de Tony Crocetta. Et celui qui m’a donné à mes débuts, une de mes plus grandes claques photographiques : Vincent Munier. Pardon à tous ceux que j’aime et que je n’ai pas cités…

Un avis sur le futur du métier de photographe ?

Je sais qu’il va mal… Mes amis photographes le disent : il est de plus en plus difficile de vivre de cet art. Les micro stocks,  internet et l’accès au matériel au plus grand nombre, ont fait beaucoup de mal à la profession en faisant considérablement baisser les prix. Me concernant je préfère que la photo reste une passion intacte et totalement libre.

Tes récentes expositions, publications ?

Une publication dans le catalogue du « Super Circuit de Trierenberg » en Autriche et dans la revue « France Photographie » de la FPF, spécial Nature qui sort au moment du festival de Montier en Der.

Un reportage sur nos aventures en famille au Kenya a été diffusé sur TF1 le samedi 8 décembre, très bien fait, abordant tous les côtés positifs et négatifs des safaris, et même les tensions avec les éleveurs masaïs. Le tournage a été une très riche expérience tant au niveau humain que technique.

 

 

Un projet en cours ?

Un livre sur les léopards… Mais je n’en dis pas plus.

De futures expositions, publications ?

Une exposition à la sortie du livre ce serait idéal !

 

Le mot de la fin, quelque chose à ajouter ?

Une citation du Chef Seattle des Nez Percés, 1884 : "Si les grands animaux disparaissent, l'homme mourra certainement d'une grande solitude de l'esprit".
 

Site Web : http://www.agnesescriva.com

Page Facebook : Cliquer ici

Lien pour voir le reportage : http://videos.tf1.fr/reportages/mon-safari-chez-les-masais-7718724.html

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Equipe RevuePhoto

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