Interview de Christophe Stagnetto

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Bonjour Christophe Stagnetto, comment t’es venue cette passion pour la photographie ?

Depuis tout jeune, j’ai toujours aimé faire des images. Puis mon vieux boitier argentique a fini par rendre l’âme et je suis passé à d’autres choses…

Plus tard… après m’être installé au pied d’une montagne, je ne pouvais plus supporter de rentrer de mes escapades sans ramener avec moi quelques miettes de souvenirs… tout ça, c’est à cause de la montagne, la beauté de ces paysages improbables, les lumières irréelles et les rencontres surprenantes que l’on peut y faire.

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Quel matériel utilises-tu ?

Certains dimanches j’utilise de vieux boitiers argentiques (yashica 44 lm, Kodack junior 6-20… ) j’adore le grain, l’odeur de la péloche et la magie du labo.

 J’ai aussi pour tous les jours et la plupart de mes travaux un reflex numérique dont je n’ai pas très envie de citer la marque parce que je suis sincèrement convaincu que ça n’a aucune importance, et qu’il vaut mieux un bon photographe avec un jetable que ma grand-mère (qui n’y connait rien en photo) avec un reflex numérique dernier cri.

 J’attache plus d’importance à mes optiques, le classique 50 1.8 est redoutable en terme de piqué, le 17-35 2.8 restitue bien l’immensité des paysages qui m’entourent et quand ils deviennent vraiment vertigineux ou pour des scènes d’action de sport de glisse notamment, je sors parfois le 8 mm.

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Ton sujet ou tes sujets fétiches ? Pour ces sujets, as-tu besoin de connaissances diverses supplémentaires (biologie, stylisme,…) et si nécessaire, fais-tu appel à d’autres corps de métiers ?

Je pense que vous l’aurez compris la nature et plus particulièrement la montagne fait partie de mes domaines de prédilection mais comme je suis assez « bouge bouge » et curieux de nature, je ne me limite pas qu’à ça, les sports de glisse que je pratique régulièrement prennent aussi une grande place sur ma carte mémoire, tout comme le nu, le portrait… Et l’animalier, indissociable d’une bonne randonnée… Et puis il y a les nuits de pleine lune, qui permettent de s’abstraire de la réalité, de jouer avec les mouvements et les transparences jusqu’à en voir apparaître des fantômes.

 Aujourd’hui la photo de full moon est courante mais il y a 10 ans on était assez peu à pratiquer cet exercice… Je suis incollable sur les horaires, les cycles et la trajectoire de la lune au fil des saisons, elle est devenue mon soleil préféré et dès que les conditions sont bonnes, je trouve toujours matière à m’émerveiller.

 

 

 

Si tu devais n’en choisir qu’une dans ta photothèque, quelle photographie nous présenterais-tu ? Peux-tu nous en raconter l’histoire ? 

 Cette photo s’appelle téléportation, elle a été prise avec un d70 et un 50 mm ouvert a 5.6 avec une pose d’une minute 30 il y a presque 10 ans sur le ponton du plan d’eau de Valbonnais. Tout en essayant de conserver un coté onirique, je voulais mettre sur une image, un petit échantillon de ce qui était techniquement faisable la nuit, quand le blanc prend rapidement le dessus sur le noir, quand il est possible d’écrire avec de la lumière, c’est certainement l’image qui représente le mieux mon travail et depuis elle me sert « d’avatar », c’est un autoportrait.

Téléportation

Quels sont les photographes qui t’inspirent ou, desquels suis-tu assidûment le travail ?

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Je dois avouer être particulièrement inculte de ce coté là, pendant longtemps j’ai pratiqué sans me soucier de ce que pouvaient faire les autres, depuis j’essaye de rattraper mon retard mais ça n’est pas gagné… Parmi les grands classiques bien léché il y Mr Doisneau que j’admire autant pour la rigueur de ces cadrages que pour ses tirages soignés, dans les contemporains il y a Neil Craver qui fait notamment un travail underwater remarquable, mêlant portrait, nudité et paysages. En France il y Alexandre Deschaumes et Xavier Jamonet pour leurs vision de la montagne, Vincent Munier pour l’animalier, Jean louis Brun tueur en mariage !… et BrutArt un jeune bordelais à voir absolument pour ses « sociaux-portraits-décalés » !!!

C2medias, agence de communication interactive

Un avis sur le futur du métier de photographe ?

Le futur métier de photographe, mais lequel ? C’est tellement vaste, entre le photographe de quartier et le grand reporter de presse en passant par le photographe de plateau, de mode, l’artiste pur et dur et j’en passe…

 Je suis arrivé « sur le marché » à la fin de « l’âge d’or » de la photographie. J’ai vu fermer l’agence parisienne avec laquelle je travaillais, alors que dans le même temps se sont mis à fleurir les banques d’image à 1 €. J’entends dire que certaines agences de presse équipent leurs journalistes d’ iphone et virent leurs photographes et ça ne m’étonne qu’à moitié. Aujourd’hui, il y a des tonnes de novices prêts à travailler gratuitement, juste pour la gloire et le paraître. Tout ça, arrange bien certains médias en mal d’annonceurs, je me rends bien compte que la presse papier paye de moins en moins et que la qualité du contenu va de paire avec le prix qu’ils peuvent y mettre…

 Au même titre que notre alimentation, que nos « objets » de consommation a durée de vie limitée, la photo est elle aussi victime des mutations de notre société, entre la photo consommable et la photo « Haut de Gamme » l’écart se creuse.

 Mais tout ça… ne m’enlèvera jamais le plaisir de shooter, ainsi que mes petits partenaires locaux qui ne sont pas prêts de trouver leur bonheur dans les micros-stocks…

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Tes récentes expositions, publications ?

Une petite Parution dans PHOTO magazine en février, un reportage sur une partie de mon travail sur france3 en avril, une expo passée à la maison de la montagne de Grenoble. Mais aussi dans un restaurant du quartier et à l’office du tourisme du coin. Les images de la station de ski de l’Alpe du Grand Serre depuis 6 ans…Des photos sur des cartes bleues pour un groupe bancaire, des articles sur des évènements sportifs tels que le Derby de la Meije pour skipass et j’en passe…

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 De futures expositions, publications ?

 Un reportage en cours sur la valorisation du patrimoine pour le pole touristique du Valmontheys, Une série perso en cours sur l’intégration traité avec beaucoup d’autodérision… Je n’ai pas d’expo en vue pour le moment, hormis les expos annuelles et marchés d’art autour de chez moi… Mais on devrait pouvoir me retrouver à nouveau sur France3 dans une émission consacrée à la montagne dans les mois qui viennent.

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Le mot de la fin, quelque chose à ajouter ?

 Tant qu’il restera de la lumière il y aura des photos à faire…

 

Site web: www.RefletsdeNature.com

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Equipe RevuePhoto

2 pensées sur “Interview de Christophe Stagnetto

  • 7 octobre 2013 à 13:07
    Permalink

    Hey ! Merci Dude ! Tu sais que je m’étais mis à la full moon grace à toi 😉

    Répondre
  • 7 octobre 2013 à 10:35
    Permalink

    tres belles photos christophe stagnetto , et vie interessante au pied des montagnes ,
    bravo !!!

    Répondre

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