“Antarctique, l’Eden polaire” une expo de Bart Van de Vijver

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Le Dr Bart Van de Vijver nous a très aimablement accordé un peu de son temps pour nous parler de son exposition photo “Antarctique, l’Eden polaire”.

Cette exposition est le fruit d’une expédition scientifique dans l’île de Livingston en 2009. Elle se tient actuellement au Jardin botanique national de Belgique à Meise,

Biologiste, spécialiste des diatomées , Bart Van de Vijver s’est également enthousiasmé pour toutes les formes de vie et les spectacles naturels qu’il a pu rencontrer dans l’Antarctique .

(c) Bart Van de Vijver

Bonjour,

 

Emilie Vanderhulst : • Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre travail scientifique ?

Bart Van de Vijver : – Je suis biologiste et travaille comme alguologue. Je fais des études sur les algues, plus précisément les algues microscopiques que l’on appelle les diatomées.

Ce sont de toutes petites algues qui forment une petite coquille en silice . Elles sont répandues dans le monde entier, des pôles à l’équateur.

Mon travail se concentre notamment dans la région antarctique, surtout sur les îles subantarctiques comme Crozet et les îles Kerguelen. Je récolte des mousses, des sédiments et de l’eau sur le terrain et ensuite on étudie ces échantillons au laboratoire avec un microscope optique et également un microscope électronique à balayage.

Le but est de mieux connaître la biodiversité de ces algues sur ces îles et de ce fait, peut-être un jour, être capable, suite à des changements dans cette biodiversité, de dire des choses sur le changement climatique .

 

Oui, donc c’est une optique de recherche dynamique. Vous êtes biologiste mais êtes-vous, dans la discipline, spécialisé en botanique ?

– Non, j’ai une formation de zoologiste mais je travaille comme botaniste .

 

Les diatomées sont un peu à la croisée des chemins .

– Elles sont un peu entre les deux : en réalité ce n’est ni l’un ni l’autre .

 

Vous travaillez donc surtout dans les îles, ce fut le cas pour cette expédition sur l’île de Livingston dont on retrouve les photos à l’exposition ?

– C’est une île qui appartient aux îles Shetlands du Sud, un archipel d’une vingtaine d’îles et de quelques îlôts qui se trouvent à proximité de la Péninsule Antarctique ( c’est le petit “bras” de terre qui part du Continent antarctique ) .

J’ai passé quelques semaines sur l’une de ces îles : l’île de Livingston, pour y travailler. J’ai collecté des algues, des mousses et de lichens pour mes collègues.

Lors de ma visite, j’ai consacré un peu de temps à faire des photos des paysages, des animaux et des plantes.

 

Trouvez-vous toujours du temps lors de vos expéditions pour prendre des photos autres que celles que nécessite votre travail ?

– En réalité, il faut se créer du temps .

On travaille toujours quand il fait beau : quand il y a une tempête, il est presque impossible, voire dangereux, de quitter les tentes.

Quand il fait beau, on fait des récoltes sur le terrain. Mais dès que l’on voit quelque chose : un manchot, un éléphant de mer, une plante intéressante, on prend cinq à six minutes pour faire une photo.

On n’a pas d’horaires là-bas, pour travailler : on travaille quand on veut et on travaille tant qu’on le veut . Mon travail me permet de faire des photos de temps en temps .

 

Vous vous organisez pour vous ménager du temps pour les photos …

– Voilà. Parfois on se dit : “ Bon, on arrête le travail pendant deux heures pour aller dans la colonie des manchots “ . De plus, comme il ne fait presque pas nuit, [durant l’été austral] on peut travailler jusqu’à minuit .

 

Vous travaillez sur les diatomées mais y a-t-il d’autres espèces que vous prenez plaisir à photographier ? Ou une espèce en particulier ?

– N’importe quel animal est spectaculaire là-bas .

Certains sont beaux, comme les manchots, d’autres spectaculaires comme l’éléphant de mer. D’autres encore sont dangereux comme les otaries ou les léopards de mer qu’on a vu un jour et qui sont spectaculaires à photographier .

Mais une photo de manchot peut être extrêmement jolie, même davantage que, par exemple, une photo de léopard de mer . Un manchot bien cadré dans son paysage, c’est magnifique . Donc je n’ai pas de préférence .

Si j’en avais, cependant, ce serait pour les pétrels géants . C’est un oiseau énorme qui est comme le vautour de ces îles : il nettoie les cadavres. Il possède une tête tellement caractéristique avec un bec tellement lourd, tellement sophistiqué que c’est vraiment un animal superbe . De plus, il est grand et très majestueux en vol. Oui, c’est mon animal préféré là-bas mais je ne vais pas faire uniquement des photos de pétrels au motif qu’il est l’animal que je préfère .

 

Effectivement, l’expo brosse un horizon très complet : mammifères, paysages, oiseaux

– Oui, j’étais là deux semaines, deux semaines et demi et j’ai fait presque 3000 photos. Surtout pour le travail car chaque fois que l’on prend un échantillon, il faut photographier tous les aspects de cet échantillon. Comme vous l’avez vu, il y a des photos de paysages, d’ oiseaux et même des plantes !

  •  

C’était effectivement une belle surprise car on a en tête un environnement très minéral …

– Oui mais il n’y a que deux espèces représentées .

 

Vous disiez donc que la photo était également précieuse dans le cadre de votre travail, pour immortaliser les échantillons .

– Oui, effectivement. Lorsque l’on remarque au labo qu’il y a des différences entre deux échantillons, il faut identifier le pourquoi de ces différences .

Parfois, c’est lié à la chimie de l’eau, d’autres fois par exemple c’est lié aux caractéristiques du lac même où les diatomées ont été trouvées. Il y a des lacs qui sont très anciens et qui sont d’origine glaciaire mais d’autres sont très jeunes ce sont des lacs côtiers et des éléphants de mer y jouent . Si je photographie la scène, cela me fournit un témoin de cette influence .

 

Quel matériel aviez-vous emporté car si vous n’évoluez pas toujours des conditions qui sont extrêmes, le matériel est tout de même mis à rude épreuve ?

– Quand je suis parti en 2007 pour l’île Amsterdam, j’ai acheté un Nikon D200 car c’est un boîtier assez rigide – il est en métal – et assez résistant aux poussières, à l’eau. Le Nikon convient parfaitement : si on touche un rocher ( il arrive qu’avec le vent , on commette une geste maladroit) avec ce matériel, il n’y a pas de souci .

 

Vous partez avec un objectif macro ?

– Non pour les diatomées cela se passe avec un microscope qui permet des agrandissement de plus de 1000 x et un microscope électronique qui agrandit jusqu’à 200 000 x . C’est une toute autre série de photographies .

Là, je n’avais pas mon objectif macro. J’avais simplement emporté un téléobjectif et un objectif gros plan, car je savais qu’au niveau des plantes je n’allais pas trouver grand chose . Je voulais limiter le poids de mon bagage . Le poids est un aspect important en cas d’expédition sac au dos, et un objectif macro pèse déjà +/- 800 grammes .

 

Avez-vous d’autres projets photo ?

– Non pas pour l’instant mais je pars en Sardaigne faire des photos d’orchidées car je suis passionné d’orchidées. Chaque années je pars avec des amis uniquement en vue de faire des photos d’orchidées .

 

Merci à vous, c’était passionnant et encore beaucoup de succès avec l’expo .

 

Infos pratiques

 

L’exposition “Antarctique, l’Eden polaire” ( Dieren en planten uit een koud paradijs ) est accessible

Dates : Jusqu’au 22 avril 2012 ( fermée les 20 et 21 avril )

• Horaire : Tous les jours de 9h30 à 17h00

Lieu : Jardin botanique national de Belgique

Adresse : Domaine de Bouchout – Nieuwelaan, 38 – 1860 Meise

PAF, incluant la visite de l’exposition : 5 €; + 60 ans, personnes handicapées: 4 €; – 12 ans et étudiants : gratuit.

Infos : +32 2 2600970

ou info@br.fgov.be

 

A noter : Vous pouvez louer l’expo après le 22 avril, en contactant Bart Van de Vijver et le Jardin botanique de Meise qui reste propriétaire des images, celles-ci ayant été effectuées dans le cadre d’une mission scientifique officielle.

 

Quelques liens internet utiles

 

http://www.br.fgov.be/PUBLIC/GENERAL/GENERALFR/event3fr.php

http://www.botanicgarden.be/

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Emilie Vanderhulst
Emilie est anthropologue. Photographe nature amateur, elle est par ailleurs guide naturaliste et ornitho pour Natagora.