Interview de Ludmila Espiaube

Bonjour Ludmila, comment t’es venue cette passion pour la photographie ?

Bonjour,

Avant mon arrivée en France en septembre 1986 je n’ai jamais vu un appareil photo de près mais j’ai toujours été passionnée par la belle image et fascinée par cette Nature qui nous entoure. Vivant derrière le Rideau de Fer j’ai rêvé de voir le monde, de voyager. Les missions professionnelles de mon mari m’ont donné cette chance.

Faire des photos quand on visite des pays aussi singuliers que l’Australie, Nouvelle Zélande, Japon etc. ça va de soi. A mes débuts je me contentais des photos souvenirs : « been there, done that ». Très vite ce n’était plus suffisant, je voulais sublimer les moments vécus et de les partager.

Quel matériel utilises-tu ?

J’ai commencé avec le matériel Minolta et je reste fidèle à cette marque même si maintenant c’est devenu Sony. Actuellement je possède deux boîtiers  Sony Alpha 700 et Sony SLT-55, les objectifs qui vont de 16mm au 300mm et bien sûr un trépied, quelques filtres, flashs etc.

 

Ton sujet ou tes sujets fétiches ?

Sans hésiter mes sujets préférés sont le paysage et le graphisme. Mais je prends aussi beaucoup de plaisir à faire des photos de la faune, de la flore, macro, d’architecture.

Pour ces sujets, as-tu besoin de connaissances diverses supplémentaires (biologie, stylisme…), et si nécessaire, fais-tu appel à d’autres corps de métier ?

L’avantage avec le paysage et le graphisme est que ces sujets ne demandent pas des connaissances très pointues, mais un sens d’observation, d’esthétisme et une simple curiosité.

Si tu devais n’en choisir qu’une dans ta photothèque, quelle photographie nous présenterais-tu ? Peux-tu nous en raconter l’histoire ?

Beaucoup de beaux souvenirs! La tempête de neige sur Bryce Canyon, les rizières en terrasses de Chine, les yeux brillants des opossums dans la nuit australienne, les fougères arborescentes au pied des glaciers néo-zélandais, l’éclipse totale en Cappadoce (Turquie), l’eau limpide d’un torrent de la Vanoise sur mon visage, le hurlement des loups de Queyras, des kilos de boue de la Savane des Pétrifications (Martinique) collés aux semelles de mes chaussures, les oiseaux de la pointe de Raz nous volant les œufs du pique-nique, les automobilistes solognots freinants brusquement en m’apercevant derrière mon appareil monté sur le trépied, confondu avec un radar, ma première nuit en refuge au fin fond de Vercors… Je pourrais continuer, chaque rendez-vous avec la Nature est une source des souvenirs merveilleux. Il en va de même pour les photos mais la plus belle reste à faire.

 

Quels sont les photographes qui t’inspirent, ou desquels suis-tu assidûment le travail ?

Ils sont tous ou presque sur la page de « LIENS » de mon site. Et s’il ne fallait en citer qu’un c’est indiscutablement Vincent Munier.

C2medias, agence de communication interactive

A mes débuts j’ai été surtout inspirée par les photographes américains, en particulier par John Shaw et Jim Zuckermann, mais j’ai évoluée depuis. Plusieurs photographes français sont devenus pour moi une référence dans le domaine de la photographie Nature  – les incontournables Olivier Grunewald, Christophe Sidamon-Pesson, David Allemand, Stéphane Hette, Ghislain Simard, Emmanuel Boîtier. La liste est longue.

Un avis sur le futur du métier de photographe ?

Assez pessimiste. Mais je ne peux parler que de celui de photographe de Nature. A chaque manifestation dédiée à la photographie Nature je constate avec amertume que la photographie de paysage est le parent pauvre de la photographie tout court. Elle n’est pas considérée comme un art, contrairement aux pays anglo-saxons, qui ont un culte des grandes espaces jusqu’à dans leur salon ou leur chambre à coucher, et n’a qu’une utilisation illustrative. La qualité des images publiées et de leur impression a baissé considérablement ces dernières années. Je pense, par exemple, au « Terre Sauvage », qui n’a plus rien de sauvage à part le nom. Par ailleurs, les images sont bradées sur le web et par les agences, les jeunes photographes talentueux ont du mal à percer, les plus expérimentés doivent se diversifier ou faire un autre métier en parallèle tout en serrant leur ceinture. Bref, ce n’est pas tout rose.
 

Tes récentes expositions, publications ?

– Portfolio « Le paysage en estampes japonaises »  dans le N°7 Mars – Avril  2011 de Nat’Images

– La publication dans le N°10 Octobre – Novembre 2011 de Nat’Images dans le portfolio « Spécial Femmes photographes de Nature »

– l’exposition « Hokkaido. Out of White » dans le cadre du 15eme Festival International de Photo animalière et de Nature 2011.  

De futures expositions, publications ?

L’exposition « Hokkaido. Out of White » sera présentée à Cluses, Haute Savoie (74) lors du 2eme Festival « Image et Neige » le 21 et 22 janvier 2012 et aussi au Festival « Natur’Emotion » à Scy-Chazelles, Metz (57) le 25-26-27 mai 2012

 

Un projet en cours ?

Peut-être, mais c’est un peu prématuré d’en parler.

 

Le mot de la fin, quelque chose à ajouter ?

J’aime beaucoup votre rubrique PORTFOLIO qui me permet de mieux connaître ceux dont j’admire le travail et découvrir des nouveaux talents. Je suis d’autant plus heureuse d’y figurer désormais. J’ai parcouru d’autres rubriques et je suis impressionnée par la quantité et qualité des sujets traités. Votre site est une mine d’or et je vous souhaite bonne continuation et beaucoup de succès.

 

Site Web : http://www.natureinspiration.com

Mail : nature_inspiration@orange.fr

 

 
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Sebastien Delehaye
Photographe Tireur Rédacteur Studio Lille
Sebastien Delehaye est l'un des deux créateurs de RevuePhoto, pris de passion par la photographie il en a fait son métier. Dirigeant de la société Studio-Lille, il est spécialisé dans l'impression de tirage d'art et les agrandissement d'exposition, de décoration.