Interview du photographe : Fabien Gréban

Le Jura  est une région où la Nature est omniprésente . C’est l’une des raisons pour laquelle la photographie animalière et de nature compte beaucoup d’adeptes.

Fabien Gréban est récemment « descendu  » du Nord de la France pour des raisons professionnelles et  fait partie maintenant  des photographes de nature les plus doués et les plus créatifs de sa nouvelle région d’adoption .

Fabien est avant tout un amoureux de la Nature ; son regard et sa démarche photographique qui est plus artistique que naturaliste en témoignent.

Fabien cherche en premier lieu un cadrage , une ambiance , une lumière qui mettra en valeur ses sujets et n’hésite pas à se lever très tôt les matins et ce par tous les temps pour affronter les éléments qui sont souvent rudes de ce massif  . Ses efforts ne sont pas vains car ses images sont de toutes beauté  et démontrent un sens artistique indiscutable.

L’homme comme le photographe est un personnage simple ,discret , attachant  , qui cherche à montrer avec  ses  prises de vue; la diversité, la richesse et la beauté  de la Nature jurassienne .

Vous pourrez découvrir prochainement les photos de Fabien au Festival Natur’Emotion de Scy-Chazelles les 24-25 et 26 mai prochains ,mais avant cela , découvrez  son portrait avec son interview.

Fabien : En quelques lignes pourrais-tu te présenter ?

Depuis combien de temps pratiques-tu la photographie et comment est venue cette passion  pour la photographie et plus particulièrement celle de la photographie animalière?

 Bonjour,

Tout d’abord un grand merci pour cette interview, je ferai de mon mieux pour répondre aux différentes questions, avec sincérité et simplicité.

En ce printemps 2013, j’ai 35 ans, je suis marié et j’ai trois enfants. Originaire du nord-pas-de-calais, je me suis installé en franche-comté en 2002 pour raison professionnelle, mais c’était également l’occasion de me rapprocher d’une région qui m’attirait beaucoup : le massif du Jura. En 2005, une longue blessure au genou m’empêche de pratiquer les sports de nature que j’affectionne (VTT, ski de fond, rando). Pour continuer à passer mon temps libre en pleine nature, je décide de tenter la photographie animalière.

Depuis très longtemps, le monde de la photographie m’attirait. Mais l’argentique me faisait peur … Le développement du numérique me semblait plus accessible.

En 2005, j’achète donc un bridge qui me permet de me rendre compte que la photo animalière sera bien plus qu’un hobby, mais une véritable passion. Quelques mois, plus tard, j’achetai mon premier reflex.

Ce qui me plaît le plus dans la pratique de la photo animalière, c’est le contact avec la nature et le sentiment d’évasion qu’elle me procure, notamment les grands espaces jurassiens.

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 Quel  matériel utilises-tu ?

Aujourd’hui, je suis équipé en Nikon. J’ai longtemps utilisé le D300, mais depuis quelques mois, je suis passé avec bonheur au plein format avec le D800. Mon matériel s’est progressivement étoffé, notamment par la diversification de mes centres d’intérêt. Même si j’ai gardé une préférence pour la photographie animalière, je pratique avec plaisir la photo de paysage et la proxi / macro. Côté optique, j’utilise principalement le nikon 16-35mm f4 AFS VR pour les paysages, le nikon 300mm f4 AFS pour la proxi et la billebaude en animalier, et le nikon 500mm F4 AFS VR pour l’affût.

Dans la photographie animalière et de nature , as-tu des  sujets  favoris, lesquels ?

Mes sujets favoris ont toujours été les mammifères prédateurs : le renard, le chat forestier et l’hermine. Je trouve ces animaux fascinants. Ils représentent selon moi l’esprit sauvage de la nature.

Comment choisis -tu tes lieux  et tes  sujets à photographier ?

J’ai choisi de me consacrer au massif du Jura, d’abord parce que c’est un milieu où je me sens bien. Mais aussi j’espère contribuer à faire aimer cet environnement et peut être ainsi participer à sa protection. Je réalise la majorité de mes images dans un rayon de quelques kilomètre de mon domicile. Bien souvent, je pars à pied de la maison, ce qui me permet de connaître parfaitement ce secteur et augmente mes chances de réussite de ramener des images. Je choisis mes lieux de prise de vue selon des critères photographiques, en effet je privilégie avant tout une approche esthétique plutôt que naturaliste. Ainsi, je posterai mon affût dans un endroit où je pourrais faire une belle image et pas forcément là où j’aurais le plus de chance de croiser un animal …

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 Tes images issues de ta région d’adoption ; font ressortir  une certaine ‘émotion que tu éprouves en l’observant , comment l’expliques-tu ?

Je suis toujours ému par la beauté du massif jurassien, et si mes images arrivent à retranscrire en partie ces émotions, j’en serais très heureux.

Peux tu nous dévoiler quelques uns de tes secrets pour y aboutir ?

Je ne pense pas être le détenteur de secret à proprement parler. J’apprécie beaucoup les images d’ambiance qui laisse libre court à l’imagination. A mon sens, ce sont des images beaucoup plus « fortes » que des portraits. Mais la photographie c’est avant tout capter la lumière, ll faut donc que la lumière soit propice, et pour cela il faut être le plus souvent sur le terrain et parfois même quand la météo ne semble pas favorable (pour le photographe). Un vieux dicton dit que plus la météo est mauvaise plus la photo sera bonne, et je partage bien cet avis.

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Au dessus des autres

Si tu as  une image à choisir  de ta  photothèque, qu’elle serait-elle ?

Un choix difficile et qui sera sans doute différent d’ici demain … mais cette photo d’hermine sous la neige me tient particulièrement à cœur.

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Pourquoi celle-ci plus qu’une autre ?

Justement parce que la météo est très mauvaise, mais seulement pour le photographe et le matériel, elle est par contre très favorable, je trouve, pour l’esthétisme de l’image avec ces gros flocons. Ce sont des images plus rares, et donc plus précieuses.

As-tu un regret ? Une photo que tu n’as pas pu  réaliser ? 

La plus belle image reste toujours à faire …

Peux-tu nous dire qu’elle  image aimerais-tu faire ?

Je rêve d’une silhouette dont le contour est irisée par le soleil couchant, et pourquoi pas d’une espèce emblématique …

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Quels sont les photographes qui  t’ inspirent, dont tu suis  assidûment le travail ?

Je suis un fan inconditionnel des images du photographe américain Jim Brandenburg, et notamment de ses images sur le loup blanc du grand nord, absolument merveilleuses.

L’année dernière , tu as choisi de devenir photographe professionnel , peux -tu nous expliquer les raisons de ton choix ?

Qui ne rêve pas de vivre de sa passion ? J’avais besoin de changer, mon ancien métier ne me convenait plus. J’ai besoin d’être en plein air, en contact avec la nature. Bien sur, le métier de photographe, et notamment de photographe animalier, est un métier difficile ou les revenus sont généralement assez faibles. C’est donc un choix de vie qu’aujourd’hui j’assume pleinement.

Avec un an de recul , comment  juges tu ta situation et comment vois-tu ton avenir dans cette nouvelle profession ?

Les débuts sont prometteurs et encourageants. Plus le temps passe et plus je crois que je peux arriver à vivre de la photo nature. J’espère avoir la chance de pouvoir vivre de ma passion le plus longtemps possible. Mais je garde les pieds sur terre et je me bats tous les jours pour pérenniser mon activité.

En plus de photographier , tu partage tes connaissances photographiques et du milieu en proposant des stages. Peux tu nous dire deux mots sur cette activité ?

Je propose en effet des stages de photographie nature. Ce sont des stages dit « à la carte », c’est à dire que le programme du stage est construit sur mesure selon les demandes du stagiaire. Le nombre de participants est limité à deux au maximum, pour deux raisons. Tout d’abord pour assurer un service de qualité au stagiaire et aussi pour limiter l’impact des stages sur la faune sauvage et sur les milieux.

Parmi les stagiaires, les profils sont assez différents. Cela va du débutant qui veut apprendre à utiliser son matériel ou faire une initiation à la photo nature, au photographe confirmé qui souhaite découvrir le massif du Jura et une espèce en particulier (chat forestier, hermine, chevêchette, …), en passant par un photographe qui souhaite perfectionner sa pratique de certaines techniques comme le clair obscur, l’affût, …

Les stages ont lieu près de chez moi dans le Doubs, sur mes terrains de « chasse », dans mes affûts. Le nombre de jour de stage dépend de la demande du/des stagiaires (généralement 1 ou 2 jours, et parfois plus). Une journée de stage se déroule entièrement sur le terrain, nous passons 8 heures ensemble au minimum.

Plus d’informations sont donnés sur mon site web.

Quels sont tes futurs projets (livre, exposition ,voyages, reportages, …)

Beaucoup de projets occupent mes journées, certains devraient voir le jour en 2014 …

Empreintes de renard en hiver

Le mot de la fin, ou quelque chose à ajouter ?

Encore merci pour cette interview et bravo pour l’ensemble du travail réalisé par Revue Photo.

Infos pratiques :

Site(s) web : http://www.faune-jura.com

adresse mail : fabien.greban@orange.Fr

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Eric Mary
Auteur photographe, Eric Mary pratique la photographie depuis son plus jeune âge. Autodidacte, il s’est spécialisé dans la technique de la macrophotographie pour découvrir l’Univers du Petit qui le fascine par sa beauté, ses richesses infinies de formes, de couleurs et pour sa poésie. En dehors de sa participation à RevuePhoto, il participe au collectif de photographes bourguignons de nature et animaliers « Bourgogne Photo Nature » et s’occupe de l’association « Terre d’Images » qu’il a fondé avec son épouse.

12 pensées sur “Interview du photographe : Fabien Gréban

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