Interview de Dominique Migliani

Le portrait que je vous propose aujourd’hui est celui de Dominique Migliani , auteur photographe, habitant le Sud de la France , passionné par la Nature en général.

Il aime, dès que son emploi du temps le lui permet, s’évader et aller retrouver bois et forêts, lacs, rivières et étangs pour observer et photographier la faune et la flore de sa « Nature du Sud » qui l’inspire.

L’homme est généreux et attachant , il aime partager ses sorties  Nature avec ses amis , leur faire découvrir ses petits coins favoris,qu’il  a repéré minutieusement pendant de longues heures d’observation et qu’il connait comme sa poche.

Il veut profiter au maximum  des merveilleux moments que la Nature nous propose , il les prends comme des instants de pur bonheur .

Son plaisir après avoir fait une semaine de travail très prenante , stressante est de s’immerger au sens propre comme au sens figurer au milieu de la Nature , pendant de longues heures d’affût.

L’important pour Dominique , n’est pas de vouloir  faire des photos à tout prix à chaque sortie ,pour lui la photo n’est pas synonyme de compétition , mais de plaisir .

Cette Nature qu’il affectionne, Dominique préfère l’observer, la comprendre , la partager et communier avec elle.

Dominique Migliani , est une personne passionnante et passionnée , discrète dont la devise est :  » vivons heureux, vivons cachés » qui résume  bien sa personnalité et que je vous laisse maintenant découvrir.

 

martin pêcheur
martin pêcheur

 

En quelques lignes, Dominique pourrais-tu te présenter ?

Je m’appelle Dominique MIGLIANI, j’ai 56 ans. J’habite la ville de Montpellier dans l’Hérault depuis près de 25 ans, et j’exerce la profession de cadre de santé en bloc opératoire.

Depuis combien de temps pratiques-tu la photographie et comment est venue cette passion pour la photographie et plus particulièrement celle de la photographie Nature?

La nature s’est très tôt imposée dans ma vie. Enfant, j’adorais passer du temps dans les bois du village où je résidais alors, près de Rouen. Je ramenais souvent quelques trouvailles, comme des tritons ou encore de belles grenouilles vertes, que j’observais pendant des heures, juste pour le plaisir des yeux. Secrètement, je montais dans le clocher de l’église du village car on y trouvait des petits squelettes de moineaux, je trouvais cela fascinant.

Mon premier appareil photo numérique m’a été offert par un ami. J’ai compris immédiatement la puissance de cette petite boîte et les multiples possibilités qu’elle pouvait offrir.

Depuis une dizaine d’années maintenant, je pratique avec fougue la photographie animalière. C’est pour moi le support idéal qui me permet de graver mes observations dans la nature et surtout de développer ma passion pour la création artistique.

 

Dominique Migliani
Dominique Migliani

 

Quel  matériel utilises-tu ?

J’ai fait comme beaucoup de photographes, le choix d’une des deux plus prestigieuses marques de matériel et j’ai finalement opté pour CANON un peu par hasard et aussi parce que les objectifs blancs « avaient de la gueule ».

J’ai actuellement 2 boitiers, l’EOS 7D et le 5 D Mark II.

Pour l’animalier, je travaille avec le 400mm f/5.6L USM et le 500mm f/4L IS USM, ma préférence allant vers les focales fixes.

J’utilise le 100mm macro f/2.8 et le 70-200 + bague allonge pour la macro et la proxi-photographie. Pour la création abstraite, j’utilise principalement le 17-40mm f/4L USM  et un petit 50mm f/1.8.

 

-Quels sont tes sujets favoris?

J’ai passé beaucoup de temps à rechercher des façons de faire. comme les fonds noirs par exemple ou photographier au ras de l’eau, à contrejour, en vitesse lente…, une quête que tout photographe animalier connait bien, à essayer de faire comme les grands en quelque sorte.

Aujourd’hui j’aime traiter tous les sujets que m’offre la nature et en ce moment, j’ai une passion dévorante pour le petit monde des étangs et notamment les limicoles.

échasse blanche juvénile
échasse blanche juvénile

 

-Comment choisis-tu tes lieux  ou tes sujets à photographier ?

Mon premier critère de sélection pour choisir un lieu ou un sujet, est la fréquentation du lieu par l’humain. Plus l’endroit est retiré ou inaccessible et mieux c’est, dans le but de ne pas déranger ou le moins possible la faune et ne pas être dérangé. J’attache une très grande importance à la lumière offerte tout particulièrement aux premières lueurs du jour et la qualité des fonds est une de mes priorités.

Il m’arrive souvent de faire des essais en dehors des périodes de présence de certaines espèces telles les guêpiers ou les limicoles au bord des étangs.

 

-Fais-tu beaucoup de repérages?  Peux-tu nous dévoiler quelques-uns de tes secrets pour approcher  tes sujets à plumes ou autres ?

Je passe beaucoup de temps en repérage, d’abord sur le Net, ensuite en « tchatchant » avec mes copains photographes du coin, avec qui j’échange pas mal d’informations. Les sujets sont multiples et saisonniers, l’Aveyron est une mine d’or pour les orchidées sauvages au printemps (plus de 60 espèces présentes sur le département), la saison des rainettes approche à grands pas au bord des étangs et les mouflons vont enfin se montrer un peu plus présents dès la fermeture de la chasse.

Mes petites astuces sont toujours très simples comme cet affût à plat ventre que j’ai dernièrement conçu. Il est à l’état de prototype mais s’avère déjà très pratique car rapide à installer et assez confortable pour y passer plusieurs heures.

J’ai une règle quasi obligatoire, celle de m’installer à la nuit afin de ne pas perturber les espèces observées, ne pas faire de bruit et repartir le plus discrètement possible. Je dis souvent que le secret, c’est d’arriver avant les autres et de repartir après eux, la patience et la ténacité étant des qualités essentielles.

 

-Je suppose que tu te documentes sur tes sujets à photographier, quels sont ces ouvrages ?

J’ai deux ouvrages qui sont mes références : le guide ornitho Delachaux et Niestlé et le remarquable ouvrage de Jean Michel RENAULT « La garrigue grandeur nature » aux éditions Pélican. Malheureusement, cet ouvrage est devenu introuvable, je le recherche depuis plusieurs mois pour des copains sans résultat.

 

-Si tu as une image à choisir  de ta  photothèque, qu’elle serait-elle ?

Une question difficile mais je pense à une photo d’un lapereau au début de l’été 2012.

lapereau

 

-Pourquoi celle-ci plus qu’une autre ?

Cette photo représente pour moi la communion parfaite entre l’homme et la nature, une chose qui se passe sans explication rationnelle. Faire une photo sans se cacher, juste allongé dans l’herbe à quelques mètres de jeunes lapins de garenne qui ne montrent aucun signe d’inquiétude liée à la présence d’un intrus.

 

– Peux-tu nous raconter son histoire ?

Je venais de rater une matinée, sans photo, sans sujet, sans lumière, bref ! Une matinée où rien ne va. Je gare ma voiture le long d’un champ pour boire un café avant de rentrer chez moi et soudain, je suis attiré par quelques jeunes lapins que ma présence ne perturbait visiblement pas

Je décide de tenter ma chance en rampant avec le 500 juste posé sur un gros vieux coussin. Le résultat ne s’est pas fait attendre, ce fut la fuite des petites bêtes dans les buissons alentours, mais je décide de ne pas bouger. Quelques minutes passent et revoilà nos chères petites peluches qui ressortent pour déguster quelques herbes sèches.

Allongé au beau milieu d’une dizaine de lapereaux fut une expérience que je ne suis pas prêt d’oublier.

 

-As-tu un regret ? Une photo que tu n’as pas pu réaliser ?

Je rêve de photographier le renard, le sentir respirer à deux pas de mon affût. Je vis dans une région où il se fait très discret avec une grosse pression de chasse.

 

– Peux-tu nous dire quelle image aimerais-tu faire ?

J’ai un métier très prenant et les rares heures que je passe sur le terrain au contact de la nature me rendent heureux même à photographier un petit escargot. Mon rêve est de côtoyer le fameux goupil. C’est comme une obsession, que je compte bien assouvir car rendez-vous est pris avec mes amis de l’Est de la France, Teddy et Didier BRACARD, pour vivre au printemps l’aventure avec ces deux spécialistes reconnus du renard et du chat sauvage.

 

Tu es photographe amateur, comment arrives-tu à concilier; vie de famille, ton métier et ta passion de la photographie qui te prend beaucoup de temps sur le terrain?

C’est un subtil équilibre, quelquefois pas évident à maintenir, car comme dans toute passion, cela implique une grande compréhension de ceux qui m’entourent et avec qui je partage ma vie.

Pour le travail, c’est plus facile : en semaine, ce n’est pas la peine d’envisager une sortie même en fin de journée. Il ne me reste donc que les week-ends et mes jours de récup’ ou de congés pour choisir et sélectionner soigneusement mes sorties, afin d’optimiser chaque rare moment passé au contact de la faune.

 

écureuil roux
écureuil roux

 

-Quels sont les photographes qui  t’inspirent et  dont tu suis  assidûment le travail ?

Hellio et Van Ingen pour leur inventivité, Erwan Balança pour la belle façon de montrer la Bretagne, Jonathan Lhoir et bien évidemment, deux photographes qui me tiennent personnellement à cœur pour leur immense talent et l’amitié qui nous lie, Dider Bracard (le père) et Teddy Bracard (le fils), ce dernier ayant «  cartonné » cette année à Namur et Montier en Der avec ses photos pleines de poésie.


– En plus de ta passion pour la photographie, tu as celle de l’ornithologie, peux-tu nous en dire plus sur celle-ci ?

Je ne me considère vraiment pas comme un ornithologue, je ne suis pas un vrai spécialiste, j’ai plutôt l’âme d’un doux rêveur qui ouvre les yeux sans comprendre bien souvent ce qu’il se passe devant mes yeux. Je lis beaucoup pour apprendre certes, mais je souhaite surtout garder mon âme d’enfant intacte et m’émerveiller de tout.-Envisages-tu un jour de devenir photographe professionnel et pour quelles raisons ?

Professionnel dans le sens, vivre de mes revenus de photographe, non, sauf qu’il faut avoir ce statut pour proposer des stages d’initiation, un des aspects qui m’attire de plus en plus. Transmettre le savoir, donner des codes aux personnes qui ont envie d’apprendre la photo nature, partager et éduquer, on ne côtoie pas la vie sauvage comme on va au supermarché faire ses courses.

 

Quels sont tes futurs projets (livre, exposition, voyages, reportages, …)

Des projets, j’en ai pas mal, seront-ils réalisés un jour, c’est une sacrée interrogation ?

J’aime l’ambiance des expositions car je propose depuis quelques temps d’y associer des conférences sur la photographie animalière.

J’ai comme projet d’écrire un livre, j’ai enfin trouvé le sujet qui me tient à cœur avec ce titre provisoire qui résume le thème « Le petit monde des étangs ».

J’ai le rêve de créer un collectif de photographes nature dans ma région, mais cela reste pour l’instant assez compliqué et juste une idée un peu folle.

Comme évoqué précédemment, j’ai enfin, un vrai projet qui me rend fou d’impatience, c’est de retrouver au printemps mes amis lorrains, les Bracards et Marc Debroy, en compagnie desquels je compte bien photographier le fantastique goupil et partager une bonne pinte de boisson mousseuse (avec modération, cela va de soi !).

 

Aurais-tu un conseil en particulier à donner aux personnes qui aimeraient se diriger vers la photographie de Nature ?

Respecter toujours la nature, et ne pas faire une photo à n’importe quel prix, car l’orgueil rend aveugle et c’est toujours la nature qui paye l’addition à la fin. Aucune belle photo ne vaut que l’on abime la nature.

 

– Le mot de la fin, ou quelque chose à ajouter ?

Le mot de la fin est une évidence : c’est de te remercier de m’avoir invité, en te disant sans flagornerie, que je suis depuis pas mal de temps un admirateur du travail photo que tu réalises. La gentillesse est une vraie valeur chez toi et sache que j’y suis très sensible (à ne pas couper au montage). Merci Eric !!!

 

Merci  Dominique d’avoir accepté cet entretien et d’y avoir répondu en te dévoilant à nos lecteurs. Toute l’équipe de RevuePhoto te souhaite  de belles rencontres Nature à venir, que l’on souhaite admirer dans un futur ouvrage.

Infos pratiques :

Site(s) web : http://www.naturedusud.com

 

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Eric Mary
Auteur photographe, Eric Mary pratique la photographie depuis son plus jeune âge. Autodidacte, il s’est spécialisé dans la technique de la macrophotographie pour découvrir l’Univers du Petit qui le fascine par sa beauté, ses richesses infinies de formes, de couleurs et pour sa poésie. En dehors de sa participation à RevuePhoto, il participe au collectif de photographes bourguignons de nature et animaliers « Bourgogne Photo Nature » et s’occupe de l’association « Terre d’Images » qu’il a fondé avec son épouse.

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